Dominique Potier
Député de la 5e circonscription de Meurthe & Moselle
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Tribunes

Vendredi 26 juin 2015

Tribune - ''Pour une égale dignité''

Tribune - ''Pour une égale dignité''
Retrouvez la Tribune que je signe aujourd'hui dans Marianne, comme Président du cercle Esprit Civique.

Paul Ricoeur et notre « égale dignité »

A quoi devons-nous résister aujourd'hui ? A l'uniformisation marchande, une mondialisation sans boussole, un individualisme sans limite : nous devons résister à être les "idiots utiles" d'un libéralisme sans foi ni loi. Lorsqu'il déserte le champ des valeurs, le monde politique laisse sur le côté les milieux populaires : l'affirmation d'un "nous" républicain est devenue vital.

De nombreuses études ont "scanné" la fracture entre "les invisibles" et les "élites".  Nous avons pour notre part cherché dans nos engagements respectifs*, avec les citoyens au-delà des périphéries et en deçà des médianes, les conditions d'une réconciliation. 
 
Paul Ricoeur dans "Soi-même comme un autre" renouvelle la promesse contenue dans le triptyque républicain. "La visée d'une vie bonne, écrit-il, c'est l'estime de soi, avec et pour les autres, dans des institutions justes".
  
La force de cette vision est dans le mouvement qu'elle suscite. La justice selon Ricoeur est une réponse moderne en cela qu'elle prolonge la Fraternité sans en épuiser la source. Au-delà de la diversité des communautés humaines - famille, territoire, entreprise -  où se mêlent intérêt et sentiment, l'institution de la justice est l'essence même de la politique comme quête du bien commun. Une "Égale dignité" est la perspective première de la Res Publica : générer et réguler un "écosystème" propice à une Liberté créatrice et fraternelle. "Soi-même comme un autre" est un antidote à l'atonie contemporaine, à la désillusion républicaine.
 
Le déchiffrement de ce monde nouveau comme le renouveau civique seront de longs combats mais toute espérance semble vaine si quelques signes ne sont pas donnés aujourd'hui. 
 
Des limites à l'indécence. Des dépassements d'honoraires dans les actes médicaux aux paradis fiscaux, le spectacle partout répété d'une aristocratie au-dessus du commun mine par le haut le corps social. Renoncer aux privilèges publics et privés au nom de l'équilibre d'une société plus créative c'est retrouver le goût de servir plutôt que de se servir.
 
Des droits et des devoirs. Le consensus sur les droits sociaux doit être refondé sous peine d'effondrement. Le désoeuvrement massif, les effets de seuils, les abus-objectivement mineurs au regard de la fraude fiscale - ont pris une place obsédante dans la conscience populaire. Cette sape, par le bas, peut-être transformée positivement. "Nul n'est assez pauvre pour ne pas participer à l'effort commun".
 
La fierté du bien commun. Penser la dépense publique comme un investissement humain, redonner sa noblesse à la contribution fiscale sans renoncer à l'exigence pour la qualité et l'efficacité des services publics, c'est rompre avec un cycle dévastateur. Nous devons restaurer l'autorité publique face aux corporatismes territoriaux et sociaux et imaginer un État social actif promoteur d'une citoyenneté responsable.
 
Prendre de la hauteur. Lorsqu'au milieu des "petits" une parole vraie s'élève, nous avons le sentiment que "la France n'est pas foutue", que nous sommes les héritiers d'une longue, belle et tragique histoire qui infuse à travers les générations. Tout le contraire du divertissement. A côté de la famille et de l'école nous devons cultiver, hors du tohu-bohu consumériste, des espaces et des temps civiques, où des projets puissent naître, une mémoire se transmettre.  
 
Populaire et universel. Repenser l'entreprise et la mondialisation dans une logique de loyauté est le combat de notre génération politique. Poser des limites au nom d'une vision de l'Homme - ni objet, ni déchet - imaginer de nouveaux droits pour le temps présent est la seule alternative à une compétitivité sans issue qui oppose les plus fragiles aux deux bouts du monde. Le sentiment que "nous sommes un peuple", cette identité même, cimentée par la justice, est la condition d'un universalisme qui assume sa diversité et rejette un nationalisme de faussaires.  
 
Les attentes déçues des milieux populaires nous parlent en réalité de ce qu'espère sans le dire la majorité de nos concitoyens. Elles ne sont pas uniquement matérielles, elles relèvent aussi de l'éthique. Une société plus vive animée par le goût de l'effort, de la responsabilité et de la justice peut faire de l'"égale dignité" sa fierté commune. Notre République puisera sa force dans la vérité d'un récit humaniste qui donne un sens aux mutations actuelles. Nous voilà au défi de nous élever pour nous rassembler.
 
* le groupe de travail "Milieux populaires et espérance républicaine "initié par Esprit Civique rendra ses propositions publiques en septembre 2015. Il est constitué de représentants d'ATD Quart Monde, du MRJC, de l'UNIOPSS et du Secours Catholique
 
 
 
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